Entreprendre de faire de l’exercice, c’est un peu comme se marier: les dĂ©buts sont relativement faciles parce que c’est nouveau, mais ensuite les choses ont tendance Ă se gâter. Si vous avez vousmĂŞme entrepris un programme d’activitĂ© physique, essayez de rĂ©pondre le plus honnĂŞtement possible aux questions suivantes:
- Avez vous horreur de vous lever tôt le matin rien que pour ça?
- Appréhendez vous de rentrer chez vous le soir pour vous y mettre?
- Dans l’ensemble, ce programme vous est il pĂ©nible?
- Avez vous tendance Ă tricher pour en faire moins?
Si oui, vous avez besoin de conseils. En effet, comme nous l’avons soulignĂ© prĂ©cĂ©demment, il est essentiel que vous et vos exercices nefassiez qu’un, et pour toujours. L’exercice, c’est comme la sĂ©curitĂ©: plus on prend de l’âge, plus on en a besoin.
Je vous invite Ă examiner les six catĂ©gories suivantes, qui portent toutes sur un genre particulier de relations sujet/exercice. DĂ©terminez en toute luciditĂ© celle qui vous concerne. Sur les six, il yen a cinq qui impliquent des problèmes spĂ©cifiques; ces problèmes peuvent Ă©videmment trouver une solution. Il n’y a aucune raison pour que vous ne puissiez pas, avec un minimum d’effort, amĂ©liorer considĂ©rablement les relations que vous entretenez avec l’exercice, quitte Ă deveriir insĂ©parables.
ComplĂ©tez cette phrase: Je peux dire que mes relations avec l’exercice sont:
- inexistantes;
- occasionnelles et fastidieuses;
- occasionnelles et agréables;
- régulières mais fastidieuses; E. régulières et agréables;
- astreignantes et parfois nocives.
Inexistantes
Si vous n’avez pas encore fait la connaissance de l’exercice, vous avez de fortes chances de nouer avec lui des relations durables, et ceci pour plusieurs raisons.
D’abord, Ă©tant donnĂ© que vous ĂŞtes une personne responsable et lucide. Ensuite, les impressions positives que vous en retirerez grâce Ă cette attitude sont de nature Ă compenser les diverses amertumes de la vie quotidienne. Et enfin, n’entretenant aucune ambition athlĂ©tique particulière, vous saurez rechercher une progression rĂ©gulière et non des performances de champion.
Occasionnelles et fastidieuses
Votre problème, c’est que vous vous ĂŞtes engagĂ©s dans une voie trop dure pour vous. Ou bien vous voulez trop en faire dans un laps de temps trop court, comme si vous vouliez concentrer une semaine de jogging en une seule journĂ©e, ou bien vos motivations ne sont pas les bonnes: par exemple,vous voulez Ă©liminer votre gueule de bois ou un excès de banana split. Ne soyez pas surpris de trouver l’exercice fastidieux.
Que faire pour améliorer la situation?
Essayez quelque chose de plus facile, et cessez de considĂ©rer l’exercice comme une forme de punition. Pensez «frĂ©quence plutĂ´t qu’intensitĂ©, «plaisir» plutĂ´t que souffrance». Les Ă©tudes en laboratoire ont montrĂ© que trois sĂ©ances par semaine sans effort Ă©taient bien plus profitables qu’une sĂ©ance avec effort. Et rappelez vous que l’exercice n’est pas un dĂ©tergent miracle: pour Ă©liminer trois verres de scotch, il faut tout de mĂŞme courir 15 km… Et cela ne restaure pas votre foie pour autant.
Occasionnelles et agréables
Vous aimez trop l’exercice: ces parties de golf si romantiques qui se dĂ©roulent une fois par semaine mais qui durent encore au coucher du soleil, ces parties de tennis qui sont tellement dĂ©licieuses qu’on aurait presque des remords d’y aller. L’exercice est pour vous une sorte de gâterie, une gourmandise que vous ne vous offrez pas sans culpabilitĂ©.
Il vous faut changer votre perception des choses. Souvenez vous que vous devez au minimum avoir une activitĂ© trois fois par semaine, Ă raison de 15 minutes par sĂ©ance. Et au risque de heurter la passion que vous nourrissez pour votre golf, j’ajouterai qu’il ne serait pas mauvais que vous travailliez Ă©galement pendant ces 15 minutes. Est il vraiment indispensable que vous vous fassiez voiturer, vos clubs et vous, pendant la partie? L’exercice doit ĂŞtre un plaisir, non pas une sinĂ©cure.
Régulières mais fastidieuses
Vous vous faites une fausse idĂ©e de l’exercice; celui ci, encore une fois, doit faire du bien et non du mal. Quand l’exercice devient douloureux, il perd ses effets bĂ©nĂ©fiques. Vous risquez en particulier de provoquer prĂ©maturĂ©ment ce que les physiologistes appellent un
mĂ©tabolisme anaĂ©robie (insuffisance en oxygène). Pour favoriser l’aptitude des muscles Ă utiliser l’oxygène, vous devez leur fournir la quantitĂ© dont ils ont besoin. Or, en vous essoufflant, cela n’est plus possible. Autrement dit, si vous ĂŞtes essoufflĂ© dès le dĂ©but d’un exercice, vous privez vos muscles de l’oxygène nĂ©cessaire, et ils ne peuvent plus assurer le travail demandĂ©.
Les plus grands coureurs de fond vous le confirmeront: l’exercice, ce n’est pas une sinĂ©cure mais ce n’est pas un supplice non plus; il doit tout simplement ĂŞtre un plaisir. Et surtout: ne faites rien aujourd’hui que vous n’aimeriez pas refaire demain; ce serait vraiment vous gâcher la vie inutilement.
Régulières et agréables
Que vous dire que vous ne sachiez dĂ©jĂ ? Vous entretenez Ă©videmment avec l’exercice les relations idĂ©ales. Continuez.
Astreignantes et parfois nocives
Quelle que soit votre activitĂ©, rĂ©duisez la, ne serait ce qu’une fois. Vous verrez que vous ne grossirez pas brusquement pour autant. Faites vous assez confiance pour savoir que votre santĂ© ne repose pas uniquement sur votre programme, mais dĂ©pend aussi de vous. En matière de relations, mĂ©fiez vous de la dĂ©pendance!
Le secret de la durabilitĂ©, c’est la flexibilitĂ©. Souvenez vous en la prochaine fois que vous serez tentĂ© de faire du jogging avec un rhume, ou sous la pluie, ou avec un genou enflĂ©.